Ça recommence. Il y a un an, le système économique mondial a connu des difficultés en raison du recul du libre-échange au profit d’un protectionnisme incarné par l’imposition de tarifs douaniers. Aujourd’hui, le Moyen-Orient s’est embrasé, ce qui présente de nouveaux défis. La volatilité des marchés au premier trimestre a reflété celle de l’an dernier et, en ce début de deuxième trimestre, les investisseurs sont de nouveau tentés de miser sur la théorie « TACO » (« Trump Always Chickens Out », soit Trump se dégonfle toujours). Dans le cas des tarifs douaniers, un simple décret a suffi à provoquer une remontée; cette fois-ci, il ne sera peut-être pas aussi facile de faire marche arrière.

Les répercussions des attaques contre l’Iran ont été multiples. L’incidence la plus immédiate concerne le pétrole et se traduit à la fois par la hausse des prix et par une prime de risque supplémentaire, car les marchés anticipent d’éventuelles perturbations de l’offre. Dans ce contexte, le marché canadien semble intéressant en comparaison, notamment parce qu’il est soutenu par la stabilité institutionnelle. Les actions du secteur de l’énergie ont connu leur meilleur trimestre depuis des années, et les secteurs plus défensifs du marché se sont également bien comportés, les titres des biens de consommation de base et des télécommunications ayant inscrit des rendements supérieurs.

En revanche, les actions qui étaient prisées depuis le « jour de la libération » de Trump ont fait l’objet de ventes massives. Les actions technologiques ont été parmi les plus durement touchées, non pas parce que la région est essentielle à leurs revenus ou parce qu’elles dépendent du pétrole bon marché, mais parce que les investisseurs ont tendance à pénaliser les actifs à duration longue lorsque l’incertitude augmente. Lorsque les flux de trésorerie prévus sont éloignés des cibles, les investisseurs privilégient la fiabilité plutôt que les paris à long terme. Les dépenses en immobilisations massives consacrées aujourd’hui à la technologie reflètent un changement important qui pourrait prendre des années à se traduire par des bénéfices durables.

Évidemment, la crise en Iran n’a pas été le seul facteur pour les marchés au premier trimestre. Sur le plan de la technologie et de l’intelligence artificielle (IA), les craintes d’une « apocalypse des logiciels » ont refait surface, nourries par l’idée que les agents d’IA pourraient être conçus pour reproduire ce que les logiciels classiques font aujourd’hui. Les sociétés de logiciels-services (SaaS) ont été les plus durement touchées; Adobe, Salesforce et Workday, par exemple, se se retrouvées en ligne de mire, leurs actions ayant reculé de 20 % à 30 % au premier trimestre. Plus près de nous, Shopify a reculé de plus de 30 % pour des raisons semblables.

Cela souligne les risques inhérents des placements dans les technologies dans le cycle actuel. Les perturbations peuvent survenir à tout moment, et l’achat d’actions à valorisation élevée fondé sur l’espoir de réaliser des bénéfices dans cinq ans ou plus peut comporter plus de risques qu’il n’y paraît. La menace de l’IA a peut-être été surestimée pour certaines de ces sociétés, mais ce seul facteur pourrait ne pas empêcher les valorisations de diminuer, car les investisseurs recherchent de la certitude dans un contexte incertain.

Dans l’ensemble, nos portefeuilles se sont bien comportés malgré la volatilité et les risques émergents. L’économie mondiale ralentit, mais l’emploi au pays demeure solide pour l’instant. Une crise prolongée au Moyen-Orient pourrait faire passer l’inflation de temporaire à structurelle, car les entreprises répercuteront la hausse des coûts de transport et de fabrication. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt, ce qui exercerait des pressions sur les budgets des consommateurs, des sociétés et des gouvernements, et, en fin de compte, sur l’économie. Il en résulterait aussi des pressions sur le crédit privé, un secteur qui a récemment fait l’objet de pressions considérables, les investisseurs se rendant compte que ces rendements constants pourraient avoir été favorisés par la baisse des taux et l’appétit des investisseurs. À mesure que les investisseurs commencent à se retirer, les évaluations et la liquidité sont mises à l’épreuve.

Si vous vous sentez plus inquiet après avoir lu cette lettre, nous comprenons, et nous nous en excusons. C’est la réalité d’un contexte très imprévisible. Cela dit, nous connaissons les effets nuisibles qui découlent des tentatives d’anticiper les mouvements sur les marchés ou de réagir exagérément aux événements à court terme. Il suffit de jeter un coup d’œil aux dernières années, par exemple à des événements comme l’imposition des droits de douane et la COVID-19, pour se rappeler que la tendance peut rapidement s’inverser.

En ce qui nous concerne, soyez assurés que nous ne sommes pas complaisants à l’égard de ces risques. Nous privilégions l’accumulation de dividendes en attendant des points d’entrée plus intéressants dans certaines sociétés. Nous examinons également de près nos placements et, lorsque cela est justifié, nous réduisons ou liquidons nos positions. Les marchés fluctueront, mais la valeur à long terme des entreprises de qualité, beaucoup moins. Comme toujours, nous ne nous concentrons pas sur les prévisions du prochain trimestre, mais sur la possession d’actifs qui vaudront plus, en termes réels, au fil du temps.

Nous vous souhaitons le meilleur à l’approche du printemps, et sommes prêts à répondre à tous vos commentaires ou à toutes les questions que vous pourriez avoir.




Le présent commentaire est fourni à titre informatif seulement et est fondé sur l’information disponible au 31 mars 2026. Il ne constitue pas un conseil en placement, une offre ou une recommandation. Les conditions du marché peuvent changer, et Doherty & Associates Ltd. n’assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la foi de ces renseignements; les investisseurs devraient consulter leur gestionnaire de portefeuille avant d’investir. Les références à des titres en particulier sont fournies à titre indicatif seulement et le rendement n’est pas garanti. Le présent document peut contenir des renseignements prospectifs assujettis aux risques et aux incertitudes. Renseignements au 31 mars 2026.