Le deuxième trimestre a rebondi après un début d’année décevant, sous l’effet d’une ruée vers l’or dans un segment restreint du marché. Nous ne parlons pas des métaux précieux, qui ont fortement reculé cette année. Cette ruée vers l’or se produit dans le segment des semi-conducteurs, et en particulier les puces de mémoire utilisées pour l’intelligence artificielle (IA). On constate également une ruée vers l’or dans les émissions d’actions (des sociétés qui vendent de nouvelles actions pour mobiliser des capitaux) alors que les équipes de gestion se précipitent pour tirer parti de l’optimisme des investisseurs. Les valorisations sont vertigineuses. Cela, malgré les préoccupations à l’égard de la guerre au Moyen-Orient, de l’inflation, de l’explosion de la dette publique et d’une possibilité de taux d’intérêt plus élevés. Comment pouvons-nous expliquer cela? Essayons de le faire.
Plus de 1 000 milliards de dollars en dépenses totales alimentent actuellement une grande partie de l’économie mondiale. La course vers la construction de centres de données pour l’IA a atteint de nouveaux sommets, mais ce n’est pas la première fois que nous observons un tel phénomène. Vers la fin des années 1990, il y a eu une course pour construire Internet. Des sociétés comme Worldcom, Nortel et Alcatel (pour n’en nommer que quelques-unes) ont investi des montants sans précédent pour construire les infrastructures de communications qui deviendraient l’épine dorsale d’Internet. En fait, nous avons sous-estimé la mesure dans laquelle Internet allait s’infiltrer dans nos vies, mais la plupart de ces titres se sont tout de même révélés être de mauvais placements, car les valorisations ont largement devancé les paramètres fondamentaux.
Autre signe de surchauffe des marchés, qui n’est pas sans rappeler la situation d’il y a 26 ans : la flambée des premiers appels publics à l’épargne (PAPE). On a vu un PAPE record de SpaceX, la société dirigée par Elon Musk, ainsi que l’annonce des PAPE prévus de la part d’OpenAI et d’Anthropic. La société coréenne de puces mémoires SK Hynix est la dernière à se joindre à la tendance avec une offre de 28 milliards de dollars américains. SpaceX a reçu une valorisation de plus de 100 fois ses ventes. À titre de référence, la société moyenne de l’indice S&P 500 se négocie à environ quatre fois ses ventes et la plupart des grandes sociétés technologiques se négocient entre cinq et dix fois leurs ventes. SpaceX dispose d’un modèle d’affaires viable grâce à Starlink, mais rien ne justifie une telle valorisation, compte tenu des dizaines de milliards de dollars qu’elle continue de dépenser en liquidités (attendez-vous à une nouvelle levée de fonds).
Il ne fait aucun doute que l’IA sera une technologie transformatrice. Ses répercussions, tant positives que négatives, seront ressenties par des générations, comme les transformations technologiques précédentes. Cependant, le risque de surinvestissement est très élevé, et il est rare qu’un tel niveau de dépenses ne soit pas suivi d’un repli. Les sociétés de semi-conducteurs se trouvent souvent au centre de ces revirements. À l’approche de l’an 2000, leurs revenus augmentaient de 75 % à 100 % par trimestre. Au cours des années qui ont suivi, les revenus ont diminué d’un montant semblable et ces sociétés ont subi de lourdes pertes.
Dans un contexte de marché comme celui qui prévaut actuellement, il faut beaucoup de rigueur pour garder le cap. Aucune manchette ni aucun événement en particulier n’a provoqué l’éclatement de la bulle technologique. Cela a coïncidé avec une hausse des valorisations (hum, hum…) et des taux. Le même scénario s’est produit avec le « Nifty Fifty » dans les années 1970 ainsi que dans le cadre du krach de 1929. Finalement, il n’y avait pas suffisamment d’acheteurs supplémentaires pour que la fête se poursuive. Et lorsque la dynamique s’inverse, le recul peut être aussi rapide que la montée, voire plus rapide encore.
Jamie Dimon, président de JPMorgan, a récemment déclaré qu’il était « prudemment pessimiste ». Cela témoigne de la résilience du marché face à la montée des risques. Bien sûr, comme nous aimons vous le rappeler, nous n’investissons pas dans les « marchés ». Nous investissons dans des sociétés. Notre objectif est de gérer le risque non pas en effectuant une couverture au moyen de stratégies d’options coûteuses et complexes, mais plutôt en mettant l’accent sur les sociétés que nous croyons résilientes affichant un bilan sain et des flux de trésorerie durables. Nous avons pris des profits lorsque les valorisations ont été élevées et liquidé des positions qui ne justifiaient plus d’être détenues.
Participer à la ruée vers l’or peut s’avérer profitable pendant un temps, mais pour générer des rendements composés durables à long terme, il vaut mieux investir dans des sociétés dotées de flux de trésorerie durables et de valorisations raisonnables. Soyez assurés que c’est ainsi que nous continuons d’investir et que cette approche demeure au cœur de notre philosophie de placement. Nous vous souhaitons, à vous et à votre famille, un été agréable et reposant.
Le présent commentaire est fourni à titre informatif seulement et est fondé sur l’information disponible au 30 juin 2026. Il ne constitue pas un conseil en placement, une offre ou une recommandation. Les conditions du marché peuvent changer, et Doherty & Associates Ltd. n’assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la foi de ces renseignements; les investisseurs devraient consulter leur gestionnaire de portefeuille avant d’investir. Les références à des titres en particulier sont fournies à titre indicatif seulement et le rendement n’est pas garanti. Le présent document peut contenir des renseignements prospectifs assujettis aux risques et aux incertitudes. Renseignements au 30 juin 2026.